Le contre-projet des Bas-Heurts : et si c'était la ville de demain ?
Nous étions plusieurs de l'UPR avec Delphine, à assister à la présentation organisée par l'association de défense ADIHBH-V samedi
après-midi.
Ce
contre-projet a été élaboré à la demande de l'association, par un groupe d'élèves et leur professeur de l'école nationale d?architecture de Paris-La Villette.
Ce fut une véritable démonstration de l'absurdité du projet municipal !
Nous vous invitons à consulter le diaporama disponible sur le blog des Bas Heurts pour mieux appréhender la qualité des propositions
faites.
Nous avons particulièrement retenu :
Une étude d'impact approfondie : les étudiants ont pris le temps de photographier chaque maison et ses habitants, des personnes à qui ils
ont parlé. Ils ont même cherché la cabane qui devait justifier le délabrement du quartier pour le dossier municipal !
Conclusions : Un procédé d'une rare violence
- de par la soudaineté du projet de création de ZAC qui a assommé les habitants du quartier : des permis de construire récents, une création
d?entreprise, un courrier ne faisant état d'aucun projet 2 mois plus tôt n'ont pas permis d'anticiper cette menace
- avec le peu d?attention accordée aux habitants en particulier aux personnes âgées.
La découverte d'un quartier de grande mixité
- en terme de revenus et catégories sociales
- d'âge de ses habitants : jeune couple avec enfants et famille monoparentale, personnes âgées, familles dont les grands ado commencent à
décohabiter
- d'activités puisqu?ont été recensées dans ce secteur : des entreprises exploitant des niches économiques, parfois internationales, des bureaux
de « high tech », de l'artisanat, une école de danse.
En 2 mots, ces étudiants découvraient un quartier vivant avec les caractéristiques que tous les urbanistes cherchent désormais à reconstituer !
L'idée directrice du projet devenait évidente :
comment marier ce potentiel avec le développement du quartier en respectant ses habitants et les générations
futures ?
Le site : partant du Mont d'Est, il descend progressivement vers les bords de Marne. Il se caractérise par la proximité de la « ville
nouvelle » symbolisée par la monumentalité de l'immeuble Palaccio et ceinturée d'un boulevard circulaire à 4 voies : autant de ruptures avec l'environnement immédiat et d'isolement!
Vient ensuite la friche du Clos Montfort qui a fait l'objet d?expropriations il y a plus de 20 ans et attend toujours preneur! Cette zone de la ville nouvelle appartient à Epamarne, organisme
public et ZAC d'Etat toujours en vigueur.
Puis le quartier des Bas Heurts avec son tissu parcellaire rayonnant par rapport à la Marne, témoin de l'histoire maraîchère de ce secteur, qui peu à peu
s'est enrichi d'habitations. C'est ce quartier qui fait l'objet de la création d'une ZAC (Zone d'Aménagement Concertée) municipale.
Pourquoi ne pas utiliser cette proximité des lieux et créer une synergie ?
Ce sera la base du travail des étudiants :
imaginer un développement cohérent des 2 ZAC mitoyennes, répondre aux nécessaires critères de mixité de type d'habitat, de type d'activités,
ouvrir ce quartier aménagé au reste de la ville et construire réellement « la ville sur la ville ».
Puis est venu le temps de l'analyse du projet municipal. Nous pourrions le
résumer en une formule: "Comment placer 1500 logements sur 8 hectares ?"
Pourquoi 1500 ? C'est un postulat du dossier municipal ! au départ, c?était 1800 !
Bizarrement, ce chiffre donne une densité de 170 logements par hectare soit celle de Paris intra-muros, et d'après l'exposé, propice à la
spéculation !
Cette densité s'associe à un schéma d'implantation des constructions tout à fait « caricatural » :
- une rupture d'échelle avec des immeubles pouvant aller jusqu'à 22 mètres
(R+6) alors qu'autour les hauteurs vont du pavillon à étage au petit collectif de R+2 ou 3 maximum qui donnerait à ce quartier neuf l'aspect d'une excroissance posée artificiellement sur la
zone !
- des espaces publics enclavés conduisant à l'isolement !
- des constructions très hautes sur le pourtour de l'îlot, « périmètriques », accentuant encore la notion d'isolement de ce nouveau quartier qui « tourne le
dos » au passé, aux habitants des rues voisines, à la ville voisine (Bry sur Marne) où les collectifs ne dépassent pas R+2 ou 3 !
-
des espaces verts qualifiés « d'allées démagogiques » ! Cette notion aurait été inventée dans les années 50 avec la construction des tours pour aménager
les parkings et n'a rien à voir avec les conceptions de jardin public ou de parc urbain des architectes-urbanistes. Quid des jardins privés variés, entretenus par les particuliers mais visibles
par les passants du domaine public ?
- Une voirie sur les pourtours constituant un nouvel obstacle à franchir !
Au final, cela nous rappelait un « projet de promoteur des années 70 » !
Les pistes développées ensuite par ces étudiants passionnés nous ont montré qu'une autre urbanisation est possible (voir diaporama pour les détails) où pour
répondre au besoin admis de densification initié par la loi SRU, aux recommandations du Schéma Directeur de la Région Ile de France (SDRIF) et aux orientations du Secteur I de Marne la Vallée,
ils proposent « la mise en place d'un processus dont les rythmes ne sont pas figés, permettant une adaptation permanente aux aléas divers de développement.
Une stratégie prudente qui permet de créer une vraie mixité économique et sociale mariée à une richesse architecturale, à un moindre coût collectif puisque les équipements publics
obligatoires pourront se programmer dans le temps ».
Les questions ont été nombreuses et révélaient les inquiétudes :
- les embouteillages vers Neuilly sur Marne
- la saturation de la gare RER de Bry qui serait la plus chargée de la
ligne
- la circulation au bord de l'asphyxie sur l'A4 et les dessertes annoncée comme un point
noir de la région pour 2015 ne serait-ce que par la croissance du secteur IV de Marne la Vallée !
Un intervenant a rappelé que « la raison » et d'ailleurs les recommandations officielles préconisaient de n'envisager le développement urbain que lié au
développement des structures de transport.
L'autre thème des questions a porté sur les possibilités de lier les deux ZAC.
Il a été rappelé que si Epamarne a la maîtrise foncière des terrains du Clos Montfort, la Commune à travers le PLU peut prendre des orientations
« d?'rbanisme » et obtenir ainsi des modulations.
A ce propos, un participant a relevé que la demande de « sortie du secteur I de la Ville Nouvelle » était annoncée (Pourquoi maintenant et si tard, alors que l'utilité
publique est demandée ? cette possibilité déjà évoquée il y a quelques années, aurait sans doute permis d'éviter le scandale des expropriations
envisagées !)
Quel était l'intérêt de créer une ZAC ?
Se donner la possibilité d'exproprier et de tout raser ! Habituellement, il s'agit de friches ou de terrains peu bâtis qui font l'objet de ce type de décision
a-t-on répondu ! (Question : il n'y avait donc d'emblée aucune place pour une autre possibilité ? Quid de la concertation ?)
Un habitant des bords de Marne a convié le professeur à préparer une nouvelle promotion d'élèves à travailler encore sur Noisy car un projet tout aussi pharaonique y était envisagé !
Quelqu'un a salué le projet pour sa possibilité de prévenir les problèmes d?insécurité du fait du maintien d?un tissu social, que ces constructions pouvaient
s'inscrire dans une optique de développement durable ....
Voilà pourquoi nous devons être nombreux à refuser des hauteurs de 18 mètres + 4 m de combles avec possibilité de toit terrasse, nous devons
refuser l'utilité publique pour ce projet municipal mal préparé et rétrograde et nous exprimer auprès de la commission d'enquête. Continuons de nous mobiliser pour que les atouts de notre ville ne soient pas de nouveau « bradés au tout immobilier » ! Ce sera le thème de notre dossier à venir :
le PLU.
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